« Je ne suis pas comme toi. Toi, tu es douée pour les langues. » Si j'avais un euro à chaque fois que j'entends ça... Voici la vérité.
Non, je ne suis pas douée pour les langues. Parler plusieurs langues, ça ne veut pas dire avoir un don. Ca peut vouloir dire qu'on a grandi dans un environnement multilingue, qu'on est passionné(e), ou tout simplement qu'on a travaillé. Et vous, vous n'êtes très probablement pas mauvais(e).
« Je ne suis pas comme toi. Toi, tu es douée pour les langues. » Si je gagnais un centime à chaque fois que j'entends ça, je serais riche ! Bon, d'accord, pas vraiment riche, mais j'aurais de quoi m'offrir un bon sandwich quelque part ;-)

Plus sérieusement, c'est une phrase que j'entends en boucle : « oui mais pour toi c'est facile ». Si je dis à quelqu'un qui pratique une langue « hé, j'y suis arrivée, tu peux y arriver aussi », la réponse que j'obtiens est invariablement : « oui, mais c'est parce que toi tu es douée pour les langues, pas moi. »

Vraiment, je ne suis pas particulièrement douée, et vous, vous n'êtes très probablement pas mauvais(e). Et d'ailleurs, « j'y suis arrivée donc tu peux y arriver » n'est plus une phrase que j'emploie. J'ai compris qu'en tant que coach, c'est clairement à éviter ;-)
Je ne suis pas douée pour les langues. Parler plusieurs langues ne veut pas dire qu'on est doué ; ça peut aussi vouloir dire qu'on est bon pour les pratiquer, ou qu'on a grandi dans un environnement multilingue. Rappel : de nombreux pays dans le monde sont (au moins) bilingues.
Je suis bilingue, français et anglais. Et quand je dis bilingue, je veux dire profondément, dans l'âme. Je devrais d'ailleurs être trilingue. C'est presque impardonnable. Je suis née en Algérie quand l'Algérie était un pays bilingue, français et arabe, mais j'en suis partie avant de savoir lire ou écrire l'arabe. J'ai déménagé à Londres à 5 ans, et j'ai appris à lire et à écrire en anglais. J'étais dans une école anglaise et je n'avais pas le choix : ce n'est pas du talent. C'est de la survie.
J'ai pratiqué l'espagnol parce que je l'aimais profondément (vous pouvez lire l'histoire ici), et j'étais à l'aise en espagnol parce que je l'avais commencé à l'université aux États-Unis. Dans mes cours, j'étais la seule à maîtriser couramment une langue similaire (le français), donc l'espagnol venait plus facilement. J'avais une longueur d'avance.
Mais vous savez quoi ? Je n'étais pas la meilleure de ma classe. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas douée pour les langues, il faut que je travaille pour les pratiquer, et je ne travaillais pas beaucoup. Je me reposais sur mon français.
Ce que j'ai, c'est de la passion. Je suis passionnée par les langues. Comprendre une nouvelle langue ouvre des portes vers des univers entiers (et j'adore les nouveaux univers !). J'aime aussi les mots, savoir d'où ils viennent et comment ils sont apparus.
Cette passion, c'est mon moteur. C'est pour ça que je suis bonne pour pratiquer les langues, plutôt que « douée pour les langues ».
Et quand on est passionné(e) par quelque chose, on est heureux/se de travailler avec cette passion. Le cerveau est heureux, et progresser devient beaucoup plus facile.
« L'intérêt est à la fois un état cognitif et un état affectif, ce que Silvia appelle une "émotion de connaissance". Les sentiments qui caractérisent l'intérêt sont massivement positifs : un sentiment d'énergie et de vitalité, de fascination et d'enthousiasme. Quant à ses effets sur la cognition : l'intérêt turbocharge littéralement notre pensée. Quand on s'intéresse à ce qu'on apprend, on est plus attentif ; on traite l'information plus efficacement ; on utilise des stratégies plus pertinentes... Quand une tâche nous intéresse, on travaille davantage et on persiste plus longtemps, en mobilisant davantage nos capacités d'autorégulation. »
La question n'est donc pas de savoir si je suis douée ou non, mais comment je pratique les langues. Je les pratique dans un état d'esprit positif. Pas comme une corvée. C'est déjà un premier indice.
Questions fréquentes
Est-ce qu'il faut être doué(e) pour apprendre une langue étrangère ? Non. La recherche en sciences cognitives montre que la passion, la régularité et l'état d'esprit avec lequel on pratique comptent bien plus qu'une disposition innée. La plupart des gens qui parlent plusieurs langues ont simplement grandi dans un contexte multilingue ou ont trouvé une vraie motivation.
Pourquoi certaines personnes apprennent-elles plus vite que d'autres ? Plusieurs facteurs entrent en jeu : l'exposition précoce, la similarité avec une langue déjà connue, le temps consacré à la pratique, et surtout l'intérêt sincère pour la langue. Quand le cerveau est dans un état positif et curieux, il traite l'information plus efficacement.
La passion peut-elle vraiment remplacer le talent ? Oui, et elle va même plus loin. L'intérêt active des mécanismes cognitifs qui améliorent l'attention, la mémoire et la persistance. Une personne passionnée travaille plus longtemps et retient mieux, indépendamment de toute aptitude supposée.
Un Neurolanguage Coach peut-il m'aider si je me crois « mauvais(e) en langues » ? Oui. Le Neurolanguage Coaching® commence précisément par explorer les croyances limitantes autour de l'apprentissage. Beaucoup de blocages ne sont pas liés à la capacité, ils sont liés à l'histoire qu'on se raconte sur soi-même.
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Sources : - How the Power of Interest Drives Learning - KQED MindShift - Harnessing Interest is Key to Building a Better Brain - Synaptic Potential
