Je ne me souviens plus exactement comment c'est arrivé, mais il y a deux ou trois ans, je suis tombée sur une communauté en ligne appelée Ness Labs. Je me suis inscrite à leur newsletter, et très vite, j'en suis devenue fan. Tellement fan que j'ai fini par rejoindre la communauté en tant que membre.

Ce qui m'a autant parlé, c'est que ça faisait écho, de façon bien plus détaillée et scientifique, à tout ce qui me fascinait depuis que j'avais découvert le neurolanguage coaching. Les newsletters regorgaient d'informations qui me faisaient réfléchir, bousculaient certaines de mes convictions, et m'apportaient des choses concrètes à intégrer dans mes séances de coaching.

Ce qui m'a attirée dans cette communauté, et pourquoi j'en fais toujours partie, c'est son ancrage dans la productivité consciente, et les personnes passionnantes qui en font partie.

« La productivité consciente peut se définir comme le fait d'être pleinement présent dans ce que l'on fait, au moment où on le fait, en gérant ses états mentaux et émotionnels. Il s'agit d'accueillir calmement ses pensées et ses émotions pendant le travail ou les activités créatives (...) En plus d'aider à la concentration, la productivité consciente nous permet de repérer plus tôt les signes d'anxiété ou de stress au travail et d'y faire face. », Anne-Laure Le Cunff


Pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que la personne derrière Ness Labs, Anne-Laure Le Cunff, vient de publier un livre intitulé Tiny Experiments, et je pense que le changement de mindset qu'il propose est important et vraiment pertinent.

Le concept des tiny experiments est simple, mais brillant. Plutôt que de se fixer des objectifs gigantesques et paralysants, on choisit une petite expérience et on la teste pendant quelques jours. Puis on observe ce qui se passe. Est-ce qu'on aime ça ? Est-ce que ça marche pour soi ? Sinon, pourquoi ? On prend des notes, comme un scientifique : on formule des hypothèses, on les teste par de petites actions, et on analyse les résultats sans peur de l'échec.


Juste avant la sortie du livre, Anne-Laure a créé une communauté éphémère : The Curiosity Collective, un atelier de quatre semaines conçu pour nous aider à mettre en pratique en temps réel ce qu'on découvrait dans Tiny Experiments. On a exploré, échangé, collaboré en groupe. On a mené nos petites expériences, puis partagé nos observations.

À la fin du premier atelier, on devait choisir une tiny experiment et la tester pendant cinq jours. J'ai décidé de tenir un journal cinq minutes par jour. Au bout des cinq jours, j'ai réalisé que ça ne me correspondait pas vraiment. J'avais l'impression d'écrire toujours les mêmes choses, ça ne fonctionnait pas pour moi.

Et c'est là toute la beauté des tiny experiments. On ne se force pas à persévérer dans quelque chose juste parce qu'on pensait devoir le faire. On s'adapte, on change, on arrête si besoin. J'avais peut-être rêvé de tenir un journal pendant des années, mais il s'avère que ce n'est pas pour moi, du moins pas de la façon dont je m'y prenais. Alors j'ai ajusté, et j'ai réessayé. Puis encore. Aujourd'hui, je peux dire avec bonheur que j'ai ce qui ressemble de plus en plus à une vraie routine de journaling, qui fonctionne bien pour moi, que j'apprécie vraiment et qui s'intègre parfaitement dans ma vie.


Les tiny experiments s'inscrivent dans la façon dont notre cerveau gère naturellement l'incertitude et le changement. En se concentrant sur de petits éléments maîtrisables, plutôt que sur un objectif démesuré poursuivi de façon irréaliste pendant des semaines, voire des mois, ils réduisent le stress lié au perfectionnisme et toute autre forme de résistance, ce qui facilite la mise en place et le maintien de nouvelles habitudes. Cette approche cultive aussi la curiosité et la métacognition, préparant le cerveau à la « bonne » surprise plutôt qu'à la peur. Elle s'appuie sur le système de récompense du cerveau en générant un retour rapide, ce qui nous encourage à poursuivre l'expérience. Un cercle vertueux.


J'intègre activement cette approche avec mes clients dans mes séances de coaching brain-friendly. Plutôt que de leur faire s'engager sur des objectifs à long terme dont ils ne sont pas sûrs, je les initie aux tiny experiments. Avant, quand quelqu'un me disait : « Je veux faire des exercices d'anglais, lire, regarder des vidéos », je lui répondais : « OK, essayons une ou deux choses pendant quelques minutes par jour. » Maintenant, je vais plus loin : je les amène à expérimenter et à s'observer eux-mêmes.

Peut-être qu'ils pensaient adorer lire, mais préfèrent en fait les vidéos. Peut-être qu'ils s'imaginaient détester les exercices, et les trouvent finalement stimulants. L'objectif, c'est de les aider à découvrir ce qui leur convient vraiment, pas à pas, sans la pression d'un grand objectif rigide (les bonnes résolutions du Nouvel An, vous voyez ?).


Bien sûr, l'idée de décomposer un grand objectif en petites étapes n'est pas nouvelle. Mais ce que fait Tiny Experiments, c'est changer de perspective : il ne s'agit plus d'objectifs, il s'agit de curiosité. On ne fait pas juste quelque chose ; on explore, on teste, on progresse, et on peut même s'amuser en chemin.

« Plutôt que des règles de productivité rigides ou des stratégies écrasantes, Tiny Experiments propose un changement de mindset qui embrasse la curiosité, le jeu et la progression plutôt que la perfection. C'est une recette magique pour passer à l'action sans peur de l'échec, pour essayer de nouvelles choses et avancer, aussi petit que soit le pas. »